Reprendre la mer

Reprendre la mer


Baptiste Morizot
Claire Nouvian
Daniel Pauly


Date de parution : 07/10/2026
ISBN : 979-10-209-2070-6
144 pages

12.90 €


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Peut-on encore qualifier de pêche l’activité des flottes méga-industrielles ?

Face à ce qui constitue à ce jour la plus grande tragédie des communs, Baptiste Morizot, Claire Nouvian et Daniel Pauly s'interrogent : peut-on encore qualifier de pêche l’activité des flottes méga-industrielles ? Reprendre la mer entend ainsi fixer le seuil à partir de laquelle la pêche devient sa propre négation, une contre-pêche, et esquisse une méthode pour désarmer tout dispositif qui détruit ce qu'il prétend produire.


Partout où quelque chose va mal, quelque chose est devenu trop grand. Mais où fixer le seuil ? Nous sommes pris dans des systèmes techniques devenus destructeurs : ce qui émancipe semble irrémédiablement tressé à ce qui ravage. D’où les deux paresses de l’époque — la technophilie, qui promet que le système réparera ses dégâts, et la technophobie, qui idéalise le retour au « petit » comme la seule bonne mesure.

Nommer l’instant où une chose devient son contraire et se corrompt exigeait un terrain net : la mer. Depuis 1970, l’océan a perdu plus de la moitié de sa vie. La pêche industrielle a réussi l’impossible : le vider. Les ports ferment, les flottes artisanales meurent, les marins du Sud sont broyés. Le mot « pêche » abrite deux réalités que tout oppose : l’une vit de la mer et la laisse vivre, l’autre la dévore, et tout ce qui en dépend. Pour les séparer, il fallait la rencontre d’une militante, d’un scientifique et d’un philosophe. Ensemble, ils ont tracé la limite au-delà de laquelle l’activité devient sa propre négation : une contre-pêche. Ce livre entend la désarmer.

La méthode qu’ils ont imaginée peut nous inspirer partout où un dispositif détruit ce qu’il prétend produire : où commence la contre-agriculture ? La contre-foresterie ? Leur ligne refuse les oppositions binaires entre protecteurs de l’environnement et défenseurs de l’économie, et invite à forger des alliances inattendues. Ce livre ouvre la possibilité d’une victoire écologique et sociale sans précédent. Un horizon : reprendre la mer.